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Pourquoi tout projet local devrait commencer par un diagnostic participatif

Par Bê Gbon Moussa Coulibaly15 octobre 20263 min de lecture
Cartographie participative avec les habitants

Dans le développement local, une erreur revient souvent : on arrive avec la solution avant d’avoir compris le problème. Une école est construite là où les enfants ne vont pas, un forage est réalisé sans comité pour l’entretenir, un marché reste vide parce qu’il ne correspond pas aux habitudes des commerçants.

Pendant mes missions d’appui aux collectivités territoriales du Centre et du Nord de la Côte d’Ivoire, une conviction s’est imposée : tout projet devrait commencer par écouter le terrain. C’est le rôle du diagnostic participatif.

Qu’est-ce qu’un diagnostic participatif ?

Le diagnostic participatif consiste à analyser une situation avec les personnes concernées, et non à leur place. Habitants, chefs de communauté, femmes, jeunes, agents de la collectivité, élus : chacun apporte une partie de la réalité. La méthode MARP (Méthode accélérée de recherche participative) en est l’une des approches les plus utilisées en Afrique de l’Ouest.

Les outils sur le terrain

  • La cartographie participative : les habitants dessinent eux-mêmes leur village, ses ressources, ses zones à risque, ses services.
  • Les groupes de discussion : des échanges structurés avec différents groupes (femmes, jeunes, notables) pour croiser les points de vue.
  • La cartographie des acteurs : qui décide, qui influence, qui est oublié ?
  • Les entretiens avec les informateurs clés : autorités administratives, leaders communautaires, techniciens.
  • L’observation directe : voir comment les infrastructures sont réellement utilisées.

Pourquoi ça change tout

Un diagnostic bien mené produit trois résultats que l’on ne peut pas obtenir autrement :

  • Des priorités justes : les besoins identifiés sont ceux de la population, pas ceux que l’on imagine depuis un bureau.
  • Une meilleure appropriation : quand les habitants ont participé à l’analyse, ils défendent et entretiennent le projet.
  • Moins de conflits : les tensions sont repérées tôt, avant qu’elles ne bloquent la mise en œuvre.

Une infrastructure dure dans le temps quand la communauté la considère comme la sienne.

Un exemple : la gestion des points d’eau et des écoles

Dans le cadre du projet PCN-CI, mené avec la JICA, nous avons accompagné des collectivités de la région du Gbêkê dans la planification du développement local et la gestion participative des infrastructures de base, écoles et points d’eau. L’idée centrale était simple : associer les populations et les comités de gestion dès le départ, pour que les ouvrages soient mieux entretenus et plus durables.

Par où commencer ?

Que vous soyez une commune, une ONG ou un porteur de projet, posez-vous ces questions avant de lancer une action :

  • Avons-nous entendu toutes les catégories de la population, y compris les femmes et les jeunes ?
  • Savons-nous qui utilisera l’ouvrage, et comment ?
  • Qui sera responsable de l’entretien, et avec quels moyens ?
  • Quelles tensions existantes le projet risque-t-il de réveiller ?

Si une seule de ces réponses manque, un diagnostic s’impose. C’est un investissement modeste au regard du coût d’un projet qui échoue.

Vous préparez un projet de développement local ou une étude de terrain ? Parlons-en.

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